Près d’un ménage sur cinq en situation de vulnérabilité énergétique liée au chauffage de leur logement

Publié le : 2019/12/11 à 16:56 - Mis à jour le 2019/12/17 à 16:37

20191008 VIS affiche preca SLIME FINAL AUne récente publication de l’INSEE basée sur une enquête réalisée en 2015 rapporte qu’en « Auvergne-Rhône-Alpes, 610 000 ménages sont potentiellement en situation de vulnérabilité énergétique* liée au logement, soit 19 % des ménages, un taux au-dessus de la moyenne française (15%). » Plusieurs facteurs expliquent cette statistique : le climat et le relief expliquent en partie cette vulnérabilité, mais aussi les dépenses énergétiques, les revenus et l'état du bâti, souvent ancien et énergivore. Des solutions existent pour lutter contre cette vulnérabilité.

 

Climat et caractéristiques géographiques contribuent à la vulnérabilité énergétique 

1/3 des ménages d’Auvergne-Rhône-Alpes résident dans une commune classée en zone de montagne (massifs du Jura, Massif Central). Dans le massif alpin, les ménages résident dans les plaines, ce qui limite les dépenses d’énergie liées au chauffage (1/10 en France métropolitaine). Avec une facture énergétique estimée d’environ 1 820 euros, les ménages résidant dans une commune en zone de montagne dépensent, en moyenne, plus de 20 % de plus que les autres (1 500 euros).

 

La diminiution des revenus disponibles aggravent la situation pour financer les dépenses énergétiques

En moyenne, la facture énergétique estimée d’un ménage de la région pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire est de 1 616 euros par an, soit + 15 % du niveau métropolitain (1 416 euros). C'est trois fois plus de ménages potentiellement vulnérables dans le Cantal (38 %) que dans le Rhône (13 %). Cet écart prononcé s’explique à la fois par des dépenses énergétiques plus fortes dans le Cantal (+ 39 %) et des revenus plus faibles (– 19 %).

Vivre au sein d’une grande ville ou dans une zone rurale n’expose pas au même risque de vulnérabilité. C’est en dehors des aires urbaines que le risque pour un ménage d’être vulnérable est le plus élevé. Ainsi, dans les communes isolées de l’influence d’un pôle urbain, 38 % des ménages sont vulnérables, contre 15% dans les grands pôles.

Dans les communes hors influence des aires urbaines, la plus forte vulnérabilité s’explique aussi par des dépenses énergétiques estimées plus élevées. Dans ces zones, la dépense énergétique moyenne est 25 % supérieure à celle des ménages résidant dans une grande aire urbaine (respectivement 1 960 euros contre 1 570 euros).

 

Des logements plus énergivores chez les personnes vulnérables énergétiquement

Dans les territoires isolés, les ménages vulnérables vivent ainsi bien davantage en maison individuelle (76 % des ménages vulnérables contre 45 % dans les aires urbaines) et dans des logements de plus grande taille (46 % des ménages vulnérables vivent dans un logement de plus de 100 m² contre 33 % dans les grandes aires).

A cela s’ajoute le type de combustible pour se chauffer : l’utilisation du gaz de ville, combustible moins onéreux en 2015, est nécessairement beaucoup moins fréquent dans les communes isolées, au profit du recours au fioul.

Enfin, dans les communes isolées, 70 % des ménages vulnérables vivent dans un logement construit avant 1970, généralement moins bien isolé que les constructions récentes, contre 58 % au sein d’une grande aire urbaine.

En conclusion, le cumul de ces caractéristiques des logements contribuent à accroître significativement les dépenses énergétiques.

Les personnes âgées davantage exposées à la vulnérabilité énergétique

Le taux de vulnérabilité s’accroît fortement pour les ménages plus âgés. Après 75 ans, cette part augmente très fortement pour atteindre près de 30 %. Ainsi, dans la région, près d’un ménage vulnérable sur deux est âgé de plus de 60 ans, alors qu’ils ne représentent que 36 % de l’ensemble des ménages.

Le risque de vulnérabilité est plus fort si ces ménages ne sont constitués que d’une seule personne. Près de 40% des plus de 60 ans vivant seules sont des femmes vulnéabbles

Enfin, l’accroissement de la vulnérabilité des ménages avec l’âge est en grande partie la conséquence d’une diminution de leurs ressources financières. Les revenus disponibles médians diminuent fortement après 65 ans que la baisse est la plus prononcée : – 21 % entre 65 et 80 ans. Les départs en retraite et le veuvage expliquent en grande partie ces chiffres.

Le  Programme SLIME, en faveur des ménages en vulnérabilité énergétique

L’ALEC 01 est missionnée pour mener le programme SLIME destiné aux plus vulnérables afin de réaliser de petits travaux d’amélioration énergétique.

Vous connaissez une personne de votre entourage ou vous-mêmes avez des difficultés pour vous chauffer convenablement, contactez le 04 74 45 16 46 ou votre référent social.

Des gestes simples pour économiser le chauffage

Sans s’engager dans de grands travaux de rénovation énergétique, quelques réflexes peuvent aider à diminuer la facture d’énergie.

Parmi les recommandations de l’ADEME :

La régulation et la programmation des chauffages aident à limiter les dépenses d’énergie pour se chauffer. La régulation correspond à la température de chauffe, alors que la programmation correspond aux plages horaires de chauffe.

Pour que vos radiateurs consomment moins d’énergie sans avoir à les changer, équipez-les d'un robinet thermostatique qui va les maintenir à la température choisie, compte tenu du type d'occupation de la pièce (chambre ou séjour) et des apports gratuits de chaleur (exposition sud…)

Le calorifugeage, ou isolation des tuyaux, peut vous permettre, à moindre frais, de limiter les pertes d'énergie lors de la distribution d'eau chaude dans votre habitat. Le calorifugeage est d'autant plus efficace quand vos canalisations traversent des pièces non chauffées, comme les garages ou les caves.

Pour calorifuger les canalisations d'eau chaude, des isolants classiques sont généralement utilisés. Ils sont conditionnés sous trois formes :

  • des coquilles de fibres minérales ;
  • des bandes de fibres minérales ;
  • des manchons de mousse plastique.

L’entretien régulier de votre système de chauffage : une chaudière régulièrement entretenue, c’est 8 à 12 % d'énergie consommée en moins. Et c'est obligatoire tous les ans.

Les volets : pensez à les ouvrir quand le soleil est présent, et les fermer dès la fin de journée. Baissez le chauffage de votre habitat dès que vous vous absentez et baissez-le au minimum lorsque vous vous absentez pour de plus longues périodes. Les rideaux d’intérieur aident également à couper l’air froid si vous avez de fenêtres peu performantes.

eau chaude sanitaire : privilégier 50l douche plutôt que bain. Conserver l’habitude des beaux jours.

-zonage de température : 19  dans les pièces à vivre, 16  dans les chambres, c'est bon pour la santé, le porte-monnaie et l'environnement. Passer de 20 ℃ à 19 ℃, c’est peut-être un pull en plus, mais c'est surtout 7 % de consommation en moins !

-https://www.ademe.fr/particuliers-eco-citoyens/habitation/bien-gerer-habitat/chauffage-climatisation

Faire des travaux de rénovation énergétiques

La démarche sensibilisation de l’ALEC 01 s’inscrit dans l’amélioration énergétique selon 3 axes : les gestes économes, les travaux de rénovation énergétiques, et le développement des énergies renouvelables.

Contactez-nous par formulaire.

https://www.insee.fr/fr/statistiques/4225333

 

Retrouvez l'émission La Voix Verte du 11 décembre 2019 sur les gestes qui permettent d'économiser le chauffage, sur RCF Pays de l'Ain.

 

*Un ménage est considéré vulnérable logement lorsque la part des dépenses dans le revenu disponible est supérieur à 8.2%.